Le Syndrome Dysphorique ou, dans la nomenclature plus récente, Trouble Dysphorique Prémenstruel, est un ensemble de manifestations psychoaffectives qui apparaissent systématiquement dans la phase lutéale du cycle, c’est-à-dire, entre l’ovulation et la menstruation. Peuvent y être associées ou non, des manifestations de type physique comme celles décrites dans d’autres articles, mais en raison de l’importance de la symptomatologie psychique, capable d’invalider les femmes qui en souffrent, il a fait l’objet de nombreuses études psychiatriques.

Dans le cadre des découvertes du Dr Lolas Talhami, le Syndrome Dysphorique n’est pas différent du Syndrome Prémenstruel, mais simplement une affectation symptomatique de la sphère psychoaffective, avec la même cause et traitement que les symptômes organiques. Si vous pensez réunir les critères diagnostiques du Trouble Dysphorique Prémenstruel, pensez à mesurer l’indice de gravité de votre syndrome afin de comparer avec les symptômes dont souffrent d’autres patientes et, éventuellement, demander un avis  pour un traitement.

Les dérèglements prémenstruels sont classés par ensembles, dans l’ancienne classification internationale des maladies (CIE-9) avec le code 925.4, et dans le nouveau catalogue (CIE-10) qui entrera définitivement en vigueur le 1er octobre prochain, avec le code N94.3. Le Manuel de l’Association Américaine de Psychiatrie décrit les critères diagnostiques du Trouble Dysphorique (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders 5th ed.).

Critères DSM-5

A. Dans la majorité des cycles menstruels, au moins cinq symptômes doivent être présents dans la dernière semaine avant le début de la menstruation ; ils doivent commencer à s’améliorer quelques jours après le début des règles et se minimiser ou disparaître une semaine après la menstruation.

B. Un (où plusieurs) des symptômes doivent être présents:

  1. Saute d’humeur intense (par exemple, changement d’humeur brusque, soudainement vous êtes triste ou en pleurs, ou plus grande sensibilité au rejet).
  2. Irritabilité intense, colère ou augmentation des conflits interpersonnels.
  3. Humeur intensément déprimée, sentiments de désespoir ou auto-dévalorisation.
  4. Anxiété, tension nerveuse, excitation intense, nerfs à fleur de peau.

C. Un (ou plusieurs) des symptômes suivants doivent être présents, allant jusqu’à cinq en cumulant avec les symptômes du Critère B.

  1. Sensation d’accablement ou sans contrôle.
  2. Hypersomnie ou insomnie.
  3. Changement d’appétit, suralimentation ou envies particulières.
  4. Léthargie, fatigabilité facile ou manque total d’énergie.
  5. Difficulté de concentration.
  6. Diminution d’intérêt pour les activités quotidiennes (travail, école, amis, loisirs).
  7. Symptômes physiques comme douleur ou tuméfaction mammaire, douleur articulaire ou musculaire, sensation de gonflement ou prise de poids.
  • Note: Les symptômes des Critères B et C doivent se constater durant la majeure partie des cycles des précédents 12 mois.

D. Les symptômes s’associent à un mal être cliniquement significatif ou interfèrent avec le travail, l’école, les activités sociales habituelles ou les relations avec les autres personnes (évitement des activités sociales, diminution de la productivité et de l’efficacité au travail, à l’école ou à la maison).

E. L’altération n’est pas simplement une exacerbation des symptômes d’un autre trouble, comme celui de la dépression majeure, le trouble panique, le trouble dépressif persistant (dysthymie) ou trouble de la personnalité (bien qu’il puisse coexister avec l’un d’entre eux).

F. Le Critère A doit se confirmer au moyen d’évaluations journalières prospectives, au moins durant deux cycles symptomatiques. (Le diagnostic peut se faire de façon provisoire avant cette confirmation, indiquant « provisoire » après le nom du diagnostic).

G. Les symptômes ne doivent pas s’attribuer aux effets physiologiques d’une substance (drogue, médicament, autre traitement) ou à un trouble médical comme l’hyperthyroïdie.